Image de Ashwini Chaudhary

À Propos

 

Notre ère est marquée par une frénésie technologique et matérialiste qui ancre inévitablement nos esprits dans une littéralité désespérante... et qui peut être perçue, à tort ou à raison, comme un obstacle à l'élévation spirituelle, la réflexion ou l'épanouissement individuel.

 

En tant qu'auteurs, nous sommes constamment bombardés de questions terriblement pragmatiques, comme autant de retours au réel d'une brutalité inouïe, et qui bien souvent, nous freinent voire nous bloquent dans notre entreprise artistique.

"Suis-je légitime ?

Est-ce qu'il y a un public pour ce produit ?

Puis-je vivre de cette activité ?"

Si la remise en question est saine et souhaitable dans la poursuite d'un projet artistique, elle ne doit pas constituer un obstacle à sa réalisation, mais un tremplin pour l'affiner. Il s'agit de reconnaître ses forces, pour les maximiser, mais aussi d'identifier ses limites, afin de les sublimer - et à défaut, de les compenser.

 

Trois de mes manuscrits ont été acceptés et publiés par deux maisons d'édition dites "traditionnelles" différentes.

Le résultat a été très loin d'être probant dans les deux cas ; paradoxalement, l'expérience a été aussi décevante qu'attendue. 

Les maisons d'éditions, en bonnes entités professionnelles pragmatiques, cherchent à maximiser le profit en réduisant au maximum les risques... Une logique commerciale entrant bien vite en collision avec toute démarche artistique digne de ce nom : l'imaginaire, c'est le Chaos lui-même qui s'immisce dans l'esprit de l'artiste et y prend forme de façon unique. Pour que ce Chaos puisse se muer en une expression de l'Art presentable au public, un cadre est nécessaire. Un cadre, et non pas des limitations, une censure, une ligne éditoriale... Et encore moins un "modèle viable" basé sur les précédents succès commerciaux.

 

Régulièrement, nous assistons à l'émergence d'une production excentrique dans le monde littéraire, au potentiel de laquelle aucun des acteurs professionnels traditionnels ne croyait.

"Trop risqué", "trop violent", "ne correspond pas aux codes du genre"... 

Lorsqu'un tel outsider se démarque et prend la tête, souvent de façon spectaculaire, il devient le chef de file d'un nouveau genre, et le monde littéraire est vite inondé d'itérations de cette oeuvre, plus ou moins originales, visant à reproduire le succès de leur aîné - avec plus ou moins de talent, de réussite et jusqu'à épuisement du filon... et de l'intérêt du public.

Ce mouvement, qui peut être observé de façon très claire dans le marché du livre moderne, tend à prouver que si les modèles fonctionnent, ils ne sont rien sans l'innovation, la prise de risque, la dynamique qui consiste à briser les codes pour en créer de nouveaux.

 

La démarche de l'auto-édition permet quelque chose d'unique, d'inédit.

Il n'y a plus de filtre entre un auteur et son public. Un écrivain peut soumettre son oeuvre en quelques clics à son lectorat, et il ne tient qu'à la qualité de sa production de l'accrocher et de le fidéliser, sans intermédiaire aucun pour interférer dans cette démarche.

Il est enfin possible de vivre de sa plume - et à terme, d'en vivre même plutôt bien. 

Mais surtout, il est désormais possible de s'exprimer comme on l'entend, de développer les thèmes que l'on souhaite, et d'utiliser un style propre sans prendre le risque qu'un "professionnel" ne cherche à le formater, le lisser, ou le diluer.

Un auteur tient à sa spécificité, c'est ce qui est à l'origine du succès "inattendu" de chaque outsider qui émerge et finit par s'imposer en modèle... et il est regrettable que l'on cherche à tuer l'originalité dans l'industrie traditionnelle sous prétexte qu'elle est "à risque".

 

Malheureusement, un auteur isolé, auto-édité, se retrouve bien seul et souvent désemparé face aux démarches professionnelles, commerciales, promotionnelles... inhérentes à son activité. Et pour peu que ses écrits rencontrent un certain succès, elles peuvent même prendre le pas sur l'écriture elle-même, pour finir par le drainer.

 

C'est pour répondre à cette problématique que les éditions Cavaliers Seuls sont nées.

Pour pouvoir soutenir la démarche des auteurs sans jamais entraver leur créativité.

Leur production leur appartient, au même titre que leur sensibilité.

Les Cavaliers Seuls, loin d'être un acteur du livre au sens traditionnel du terme, se positionnent comme une Maison d'éditions d'accompagnement et de soutien aux auteurs auto-édités. Notre objectif est clair : leur permettre de se concentrer sur l'écriture et les relever de toute activité afférente, chronophage et énergivore, susceptible de diluer la qualité de leur production, et mettre en oeuvre les conditions optimales pour que leur situation puisse devenir viable et qu'ils puissent profiter des fruits de leur imagination.

Le seul obstacle entre un auteur et son succès ne devrait être que la qualité de sa production - et c'est au public, et à lui seul, d'en juger. 

Federico Saggio